Pourquoi est-ce que je casse plus de pièces ? La « courbe de progression » des trottinettes freestyle

Vous venez de dépenser plusieurs centaines de dollars pour une trottinette freestyle haut de gamme. Elle est plus légère, plus rapide et a un look incroyable. Puis, 2 mois plus tard, vous cassez un boulon ou vous déboîtez une roue. Vous vous dites : « Ma trottinette Amazon bon marché a tenu un an ! Ai-je gaspillé mon argent ? »

La réponse courte ? Non. En réalité, vous êtes simplement en train de vous améliorer.

Dans le monde du freestyle en trottinette, on peut dire qu'il y a une « courbe de bris ». À mesure que votre niveau progresse, les contraintes exercées sur votre équipement évoluent. Voici pourquoi vous cassez des pièces maintenant, et pourquoi les bris finiront par diminuer.


1. La phase du débutant : la courbe d'apprentissage

Les débutants ne cassent généralement pas de pièces à cause de leur « force brute », mais plutôt à cause d'erreurs mécaniques ou techniques et d'un manque d'entretien.

  • Roues usées ou avec. un plat : Les débutants ont souvent tendance à trop utiliser le frein. Freiner brusquement au lieu de carver ou de freiner avec le pied bloque la roue, la faisant glisser sur le béton et usant ainsi un bord plat.

  • Freins cassés : Une difficulté à atterrir les pieds sur le deck conduit souvent à atterrir directement sur le frein ou le fender, ce qui le casse.

  • Le lousse excessif (mauvais réglage) : les nouveaux utilisateurs ne maîtrisent souvent pas l’entretien de leur trottinette. Un jeu de direction ou une compression mal réglés exercent une pression inégale sur la fourche et le guidon, ce qui peut entraîner une casse prématurée.

Verdict : Ces bris viennent d'un apprentissage à maîtriser la machine.


2. La phase intermédiaire : la « zone de danger »

C'est à ce stade que les riders cassent le plus de pièces. Pourquoi ? Parce qu'ils ont maintenant la hauteur et la vitesse nécessaires pour réaliser des figures impressionnantes, mais qu'ils ne maîtrisent pas encore l'atterrissage propre.

  • Roues déjantées : Lorsque vous commencez à pratiquer les bri-flips (Par exemple), vous avez tendance à atterrir « de côté » ou en bas des transitions. Cette pression latérale arrache l’uréthane du noyau en aluminium.

  • Barres en aluminium cassées : L’aluminium est le matériau le plus léger, mais c’est celui qui a le moins de « mémoire de flexion ». Si vous pratiquez des figures en « fly-out» et que vous faite une chute en envoyant votre trottinette à 3 mètres de hauteur et qu'elle atterrie sur l'une de ses extrémités, celles-ci finiront par se casser.

  • Deck pliées : Apprendre à faire des grinds (comme les boardslides ou les feebles) implique de percuter violemment les rails et les ledges. Les riders intermédiaires ont tendance à « taper » leurs grinds plutôt que de les enchaîner en douceur, ce qui exerce une pression énorme sur le deck.

Verdict : Vous êtes dans la phase la plus coûteuse de votre pratique de la trottinette. Vous repoussez vos limites et votre équipement en subit les conséquences.


3. La phase professionnelle : maîtrise et longévité

Vous remarquerez que les riders pros conservent souvent leurs pièces plus longtemps que les riders intermédiaires. Bien qu'ils fassent des figures plus imposantes que les autres, ils cassent moins de matériel. Voici pourquoi :

  • Atterrissages de précision : les pros atterrissent en douceur. En atterrissant bien droit au-dessus des roues et en absorbant l’impact avec leurs genoux, ils limitent les abus sur le deck et le guidon.

  • La robustesse prime sur la légèreté : les riders expérimentés délaissent souvent les composants ultralégers. Ils privilégient par exemple les guidons en titane ou en acier chromoly à épaisseur variable et les decks légèrement plus lourds, car ils savent que quelques grammes supplémentaires valent la peine pour une fiabilité accrue.

  • Usure naturelle : Pour un pro, une pièce cassée signifie généralement simplement « fin de vie ». Ils usent les poignées, le gtriptape et les roulements à force de rouler pendant des heures, plutôt que par des casses accidentelles dues à des erreurs de pilotage.

Verdict : Lorsqu'un pro casse une pièce, c'est généralement parce qu'il a envoyé un gap de 20 marches ou que le métal a finalement atteint sa limite de fatigue.


Résumé : Votre scooter est-il « mauvais » ?

Si vous cassez des pièces, ne vous découragez pas. C'est le signe que vous sortez de votre zone de confort. Votre scooter haut de gamme est conçu pour la performance , ce qui signifie parfois qu'il s'agit d'un outil de précision plutôt que d'un engin robuste.

Conseil de pro : Pour prolonger la durée de vie de vos pièces pendant la phase intermédiaire, vérifiez votre compression à chaque session et essayez de réaliser des atterrissages silencieux. Plus vos atterrissages sont silencieux, plus votre trottinette durera longtemps.

Gabriel Vinet